Le quotidien des étudiants infirmiers

Comment j'ai fini en dépression à cause de mes stages

 

Bonjour à tous, 

 

J'ai décidé d'écrire un article sur mon quotidien en tant qu'étudiante infirmière.  Je sais que plusieurs témoignages existent déjà sur ce sujet mais je voulais moi aussi participer au dénoncement de certaines pratiques que je juge malsaines. 

 

Pour commencer, je vais vous expliquer comment je me suis retrouvée en école d'infimière. Après avoir obtenu bac S (spécialité SVT) mention bien j'ai décidé de m'orienter en première année de médecine en visant les études de sage-femme (quelle erreur de ma part!). Ce fut un choix d'orientation que j'ai vite regreté de part l'ambiance qui régnait dans les amphi. Bref, ça c'est un autre débat ! Il a donc fallut que je me réoriente en pleins mois d'octobre. J'ai donc fait quelques recherches et ce qui s'en rapprochait le plus était les études d'infirmière pour devenir puéricultrice.  Seulement voilà il fallait avoir le concours pour rentrer dans l'école, je m'inscrit donc en prépa au concours tout en travaillant à coté. Mois de Juin, je suis admise dans l'école. La rentrée arrive, les cours me plaisent et sont très concrets mais j'appréhende les stages.

 

 

  1.  1ère année
  • 1er stage:

Début du premier stage et là c'est la douche froide ! J'appréhendais déjà les stages avant de rentrer à l'école d'infirmière car je savais que je n'aurais pas que des stages avec les enfants ou en rapport avec mon projet professionnel. Je suis affectée donc dans mon premier stage en MAS ( maison d'accueil spécialisé) durant 5 semaines. J'enchaine 5 jours de stage  entrecoupé avec un jours de repos. La fatigue se fait ressentir, je n'aime pas du tout ce que je fais mais je tiens bon. Quelques remarques des soignant du style : on ne veux pas que les élèves prennent leurs pause avec nous, ou bien même pas de bonjour lorsque nous sommes à côté, des critiques sur tel ou tel étudiant .. Bref j'arrive à tenir jusqu'à la fin avec un assez bon blian de stage.

 

  • 2ème stage: 

Me voilà envoyée en USLD ( Unité de soins de longue durée) durant 10 semaines. Je suis à nouveau pas très emballer de ce stage mais bon je me dis que ça pourrait être pire. Pendant 10 semaine je tourne principalement avec les Aide soins car manque de personnel. Elles me disent de faire la toilette de telle et telle personne alors qu'elle s'installe sur un fauteuil leur téléphone à la main. Un jour il y'avait un seul aide soignant (non diplômé soit dit en passant) pour 43 patients, la cadre écrit donc sur mon planning -> fera l'aide soignante. On est censée apprendre pas faire partie de l'effectif mais bon . Des remarques fusent, faut que tu sois plus rapide sinon tu te fera virée plus tard, t'as besoin d'aide pour cette toilette alors que moi je la fait seule etc.

Est venu le moment de pratiquer des soins un peu plus technique, une prise de sang. Une étudiante 3ème m'encadre. Je vais pour piquer la dame, et là, l'infirmière entre dans la chambre, me prend l'aiguille de la main et crie en disant que je n'ai pas  à piquer, que je suis qu'en 1ère année et que l'étudiante qui m'encadre n'est pas professionnel. Le lendemain on me reproche de pas m'intéresser aux soins "infirmiers" et de ne pas tenter les prises de sang .. aller comprendre!  Je tiens bon jusqu'à la fin.

 

Fin de la 1ère année que je valide néanmoins avec succès malgré que ça ne me plaise pas des masse! J'ai rdv avec ma prof principale. Je lui expose mon point de vue, que je n'aime pas du tout ce que je fait, que je me pose des questions concernant mon projet professionnel. Je songe à me réorienter et j'aimerais un stage avec les enfants pour me conforter dans mon choix. Elle me dit que j'ai pas l'air si mal au vue de mes résultats et qu'il faudrait peut être que je me dépêche de faire un choix si je veux me réorienter. Bref, aimabilité bonjour ! 

 

 

 

2. 2ème année: 

  • 3e stage: 

Ma prof principale me dit : je sais ce qu'il vous faut, un stage qui bouge et qui vous stimule ! Si vous n'aimez pas ce stage c'est que vous n'êtes pas faite pour ce métier. Me voilà donc pour 10 semaines en Unité de soins intensifs de cardiologie. De la technique en veux tu en voilà ! On me fait quelque remarque du style : Tu sais pas faire ci, ça, c'est pourtant simple. On me reproche de pas être assez active, on m'humilie devant les patients en disant que je ne sais pas faire, que je suis nulle. On ne m'appelle pas par mon prénom mais on me dit : hey oh toi là va faire ça . A force d'accumuler je n'en peux plus alors je me réfugie au toilette pour pleurer, je pleure en rentrant, je me sent seule. Certaines me disent mais répond sinon tu vas te faire marcher dessus. J'entend des phrases du type: Si tu fait pas ça on te mettra une mauvaise appréciation sur ton bilan de stage (en rigolant biensûr). Presqu'une heure que les aides soignantes prennent leur pause du matin, elles m'appellent, toujours pas par mon prénom ( je me demande si elle le connaissent au bout de 7 semaines) pour que j'aille répondre au sonnettes.  On me pousse le lit lorsque je m'apprete à faire une prise de sang..  Et j'aurais tellement d'autre anecdoctes à vous raconter.

 

 

J'ai fini par prendre Rdv chez mon médecin, verdict =  je suis en dépression.  Je suis actuellement sous anti-dépresseur et anxyolitique. J'appréhende chaque jours que je dois retourner en stage.  Il est difficile d'en parler car les gens qui ne le vivent pas on du mal à s'imaginer l'impact psychologique de tout ces rabaissement quotidien. Je suis actuellement entrain de voir afin de me réorienter car je ne pense pas pouvoir supporter encore très longtemps ces choses là. J'ai du mal à comprendre comment on peut être auss méchant dans un métier si humain. 

 

Je sais que cette article aura été un peu brouillon, mais je voulais simplement raconter mon expérience, témoigner.